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Survol historique

Le Canadien Pacifique a été fondé en 1881 pour relier aux grands foyers de population du Canada les étendues de l'Ouest, relativement inhabitées et offrant des richesses encore inexploitées. Ce véritable tour de force a été achevé le 7 novembre 1885, six ans avant l'échéance prévue, lorsque le dernier crampon a été enfoncé à Craigellachie, en Colombie‑Britannique. 

Construire une nation

À l'origine, le Canadien Pacifique a été créé pour une mission bien précise : établir une liaison concrète entre tous les Canadiens, d'un océan à l'autre. Le 1er juillet 1867, quatre provinces de l'Est ont convenu de s'unir pour donner naissance à la Confédération. En vertu de cette entente, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick ont reçu la promesse qu'ils seraient reliés par voie ferrée aux deux provinces du Centre, soit le Québec et l'Ontario.

En 1870, le Manitoba s'est à son tour joint à la Confédération. Pour sa part, la Colombie‑Britannique, à l'extrémité ouest du pays, s'est laissé séduire par la nouvelle confédération en 1871, mais uniquement à la condition expresse qu'un chemin de fer transcontinental soit construit dans les dix ans pour la relier à l'Est.

Le début de la construction du chemin de fer a été marqué au coin de la controverse; il a même provoqué la chute du gouvernement conservateur de John A. Macdonald, en 1873, et forcé la tenue d'une élection. Quand Monsieur Macdonald a repris le pouvoir en 1878, l'immense chantier accusait un retard considérable et était même menacé d'abandon.

Le 21 octobre 1880, un groupe d'hommes d'affaires canadiens d'origine écossaise sont finalement parvenus à former un consortium viable, capable de mener à bien l'aménagement d'un chemin de fer transcontinental. La Canadian Pacific Railway Company a été constituée le 16 février 1881, et George Stephen en a été le premier président.

La saison de travaux de 1881 s'est toutefois soldée par des résultats lamentables; l'ingénieur en chef et le surintendant général ont été congédiés à la fin d'une année au cours de laquelle seulement 211 km (131 milles) de voies avaient été posés. L'un des administrateurs du consortium, James Jerome Hill, a alors fait valoir que l'homme de la situation était William Cornelius Van Horne.

Une forte rétribution a été consentie à Monsieur Van Horne, étoile montante du milieu des affaires américain, pour le convaincre d'accepter le poste de directeur général du Canadien Pacifique et de superviser les travaux de construction du chemin de fer dans les Prairies et les Rocheuses.

Monsieur Van Horne a accepté et s'est targué de pouvoir faire construire 800 km (500 milles) de voie principale dès sa première année en poste. Malheureusement, des inondations ont retardé le début de la saison de travaux de 1882.  Toutefois, à la fin de l'année, 673 km (418 milles) de voie principale et 177 km (110 milles) de lignes secondaires avaient été posées : le rêve d'une voie ferrée transcontinentale semblait désormais réalisable.

Le 7 novembre 1885, les tronçons est et ouest du Canadien Pacifique se sont rejoints à Craigellachie, en Colombie-Britannique, où le dernier crampon a été enfoncé par Donald A. Smith. Les coûts de construction ont failli mener le consortium à sa perte, mais trois ans après que le premier train transcontinental eut quitté Montréal à destination de Toronto et de Port Moody, le 28 juin 1886, le chemin de fer était revenu à la santé financière et recommençait à verser des dividendes.

Croissance et diversification

Au tournant de 1889, le chemin de fer s'étendait d'un océan à l'autre et avait essaimé.  Il regroupait désormais diverses entreprises à caractère ferroviaire ou autre.

Ainsi, Canadien Pacifique était actif dans les domaines de la colonisation rurale et de la vente de terrains depuis septembre 1881. La compagnie avait en outre dressé des lignes télégraphiques le long de la voie principale transcontinentale et transmis son premier télégramme d'affaires en 1882. C'est également cette année-là que le Canadien Pacifique a fait sa première percée dans le secteur de l'expédition express, en se portant acquéreur de la Dominion Express Company. Dès 1883, le Canadien Pacifique a commencé à construire ses propres locomotives à vapeur. Il s'est ensuite mis à la construction de ses propres voitures voyageurs, devenant la deuxième entreprise à œuvrer dans ce secteur dans tout le continent, l'autre étant la Pullman Company de Chicago, en Illinois.

Le Canadien Pacifique a commencé à exploiter des navires à vapeur dans les Grands Lacs en 1883, des navires affrétés sur l'océan Pacifique en 1886 et ses propres navires sur le Pacifique en 1891. Ses navires à roue à aubes ont commencé à naviguer dans les voies intérieures de la Colombie-Britannique en 1893, sur la côte ouest en 1901 et sur l'Atlantique en 1903. La compagnie a en outre fait son entrée dans les secteurs de l'hôtellerie et du tourisme dès 1886, après que Monsieur Van Horne eut proposé que l'on mette sur pied un réseau de parcs nationaux dans les Rocheuses canadiennes.

Le Canadien Pacifique a même découvert – bien que par hasard – du gaz naturel dans les Prairies. En effet, alors qu'elle creusait un puits pour approvisionner en eau l'une des locomotives à vapeur, une équipe du Canadien Pacifique a découvert du gaz naturel à l'endroit où se trouve maintenant la localité d'Alderson, en Alberta. Le chemin de fer s'est plus tard servi du gaz naturel pour chauffer et alimenter en électricité la gare et les bâtiments adjacents.

Au fil de son histoire, le Canadien Pacifique a fait des incursions dans une foule d'autres secteurs, dont les abattoirs, l'élevage, le transport par autobus, le commerce de la porcelaine et de la vaisselle, les conteneurs et les palettes, l'exploitation forestière, les fonderies, l'immigration et la colonisation, l'assurance, l'irrigation, la fabrication, la meunerie et les produits alimentaires, les mines et minéraux, les films d'actualité, le pétrole, les pâtes et papiers, la radiodiffusion, les marchés à bestiaux, le camionnage, la gestion des déchets et même l'eau embouteillée!  Le Canadien Pacifique s'est en plus aventuré en transport aérien : en 1942, il a regroupé dix entreprises d'aviation de brousse pour créer les Lignes Aériennes Canadien Pacifique.

Effort de guerre

Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, c'est tout l'arsenal du Canadien Pacifique qui a été mis à contribution. Sur terre, le Canadien Pacifique a transporté 307 millions de tonnes de marchandises et 86 millions de voyageurs, dont 280 000 militaires. En mer, 22 des navires du Canadien Pacifique sont allés en guerre, et 12 ont été coulés. Par la voie des airs, le Canadien Pacifique a été à l'origine de l'établissement du pont aérien de l'Atlantique, vaste entreprise de transport de bombardiers depuis le Canada jusqu'en Grande-Bretagne. 

Expansion du conglomérat

Dans les années 1950, le chef de la direction Norris R. Crump a rapatrié le capital de la compagnie et fait en sorte que la majorité des actions soient détenues par des Canadiens. Il a également piloté le remplacement des locomotives à vapeur par des modèles diesel et a géré une vaste expansion dans des secteurs non liés au transport, ce qui a mené à la création des Investissements Canadien Pacifique, en 1962.

En 1986, le Canadien Pacifique était la deuxième entreprise canadienne en importance, avec un chiffre d'affaires de 15 milliards de dollars. Outre le Chemin de fer Canadien Pacifique (CFCP), la société comptait les filiales PanCanadian Energy, Les Charbons Fording, Les Hôtels Canadien Pacifique (aujourd'hui Fairmont) et CP Navigation. 

Retour aux sources

Pendant que le Canadien Pacifique poursuivait sa croissance et sa diversification, le Chemin de fer Canadien Pacifique s'est recentré sur ses activités de base sous la gouverne de William Stinson, cheminot du CFCP de quatrième génération.

Afin de tirer pleinement profit de ses efforts de recentrage, le chemin de fer a développé son réseau ferroviaire en prenant le plein contrôle, en 1990, de la Soo Line, société du Midwest américain dans laquelle elle détenait une participation majoritaire depuis les années 1890. La Soo Line avait elle même absorbé le Milwaukee Road en 1985. Et trois ans plus tôt, en 1982, la Soo Line avait acquis le chemin de fer Minneapolis, Northfield and Southern (MNS). En 1991, le CFCP a fait l'acquisition du Delaware & Hudson, qui était en faillite.  Il s'est de la sorte ménagé un accès aux ports du nord-est des États-Unis. 

Sur la voie de l'indépendance

Afin d'optimiser la valeur pour l'actionnaire, le Canadien Pacifique s'est scindée en cinq entreprises distinctes le 3 octobre 2001. Depuis, le CFCP est une société par actions entièrement indépendante inscrite aux bourses de Toronto et de New York.

Actuellement, le réseau de 14 000 milles du CFCP au Canada s'étend de Vancouver, sur la côte ouest, jusqu'au port de Montréal, à l'Est; il a en outre des ramifications dans les centres industriels de Chicago, Newark, Philadelphie, Washington, New York et Buffalo, aux États-Unis.​